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Cachets des intermittents du spectacle : tout ce qu’il faut savoir

La rémunération des artistes intermittents repose sur une particularité du droit du travail français : le cachet. Souvent mal compris, ce mode de paiement soulève de nombreuses questions, tant pour les employeurs que pour les artistes. Voici un tour d’horizon complet.


Qu’est-ce qu’un cachet ?

Le cachet est le mode de rémunération forfaitaire utilisé pour l’embauche des artistes du spectacle dans le cadre d’un CDDU (Contrat à Durée Déterminée d’Usage).
Il s’agit d’un salaire (et non d’une facture), soumis aux cotisations sociales, qui ouvre droit à l’assurance chômage, à la retraite, aux congés payés et aux autres prestations sociales.

Contrairement au paiement en heures, le cachet ne reflète pas directement la durée réelle de travail : c’est une rémunération globale pour une prestation artistique (représentation, répétition, enregistrement…).

👉 Les techniciens, eux, ne sont pas rémunérés au cachet mais en heures.


Cachet et conventions collectives

Chaque convention collective encadre les conditions d’emploi et peut préciser :

  • la durée maximale d’un service (souvent 3 à 4 heures pour une répétition),

  • le fait que ce service soit déclaré en cachet,

  • les minima salariaux applicables.

Le non-respect de ces minima expose l’employeur à des sanctions (prud’hommes, inspection du travail).


Cachet et conversion en heures

Pour le calcul des droits sociaux, les cachets doivent être convertis en heures. Mais selon l’organisme, la valeur diffère :

  • France Travail (ex-Pôle emploi) : 1 cachet = 12 heures.

    C’est la référence pour le calcul des 507 heures nécessaires à l’ouverture des droits à l’intermittence.

  • URSSAF et organismes sociaux (Audiens, FNAS, etc.) : 1 cachet = 8 heures, sauf cas particuliers.

📌 Exemple : Un artiste déclarant 10 cachets dans le mois aura 120 heures comptabilisées par France Travail.


Combien de cachets peut-on faire ?

  • Un artiste peut cumuler plusieurs cachets par jour chez différents employeurs.

  • Le plafond retenu par l’assurance chômage est de 28 cachets par mois.

  • Il n’existe pas de limite stricte au nombre de cachets par jour, mais les conventions collectives imposent un respect du temps de travail effectif.


Cachet isolé et cachet groupé : une notion dépassée

Jusqu’en 2016, France Travail distinguait :

  • le cachet isolé (une représentation ponctuelle),

  • le cachet groupé (plusieurs représentations rapprochées).

Depuis le 1er août 2016, cette distinction n’a plus aucun impact : elle apparaît encore sur les formulaires (AEM), mais n’a plus d’incidence sur les droits des artistes.


Questions fréquentes

  • Un artiste peut-il être payé à l’heure ?
    Non, la plupart des conventions imposent le paiement au cachet.

  • Un artiste est-il forcément cadre ?
    Non. La classification dépend des conventions : seuls certains métiers (metteur en scène, chef d’orchestre, réalisateur…) sont considérés cadres.

  • Quid des jours fériés ?
    C’est la convention collective qui fixe les règles : majoration, repos compensateur ou rien, selon les cas.

  • Un artiste peut-il être payé par facture (auto-entrepreneur) ?
    Non, il existe une présomption de salariat pour les artistes du spectacle (article L.7121-3 du Code du travail). Le recours à la facturation est donc illégal, sauf exceptions très spécifiques.


À retenir

  • Le cachet = un salaire forfaitaire réservé aux artistes.

  • 1 cachet = 12 heures pour France Travail, 8 heures pour l’URSSAF.

  • Maximum 28 cachets/mois pris en compte.

  • Pas de distinction utile entre cachet isolé et groupé depuis 2016.

  • Les minima et modalités sont fixés par les conventions collectives.

En résumé, le cachet est à la fois une rémunération et la clé d’accès aux droits sociaux des artistes intermittents. Sa bonne compréhension est essentielle, tant pour les employeurs que pour les artistes eux-mêmes.

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